Vous a-t-on déjà conseillé d'acheter du CESU préfinancé avec votre société ?

Moi cela m'est arrivé plusieurs fois : j'ai suivi le conseil en pensant que c'était avantageux dans tout contexte, jusqu'à douter et m'intéresser de plus près pour m'en faire ma propre étude ...

Préambule

Cet article se focalise sur les EURL et la SASU (à l'IS). Si l'EI y est éligible, j'ai décidé de l'écarter (cf. conclusion EURL à l'IS). Je propose également une simulation est proposée en portage salarial.

Concernant la MicroEntreprise, elle n'y est pas éligible.

Loin d'une logique d'optimisation fiscale, la démarche de cet article est d'évaluer si oui ou non le recours au CESU préfinancé apporte de la valeur au dirigeant.

Bien évidemment, renoncer à une rémunération (et les cotisations induites) ne peut être décorrelée des enjeux sociaux (ex. retraite), les conclusions qui suivent sont à confronter au cas particulier de chacun et ne constituent donc pas un conseil personnalisé.

Voici les réponses lorsqu'on interroge Google

  • avec son aperçu IA
Réponse Google obtenue en août 2026
  • en mode IA
Réponse Google mode IA en août 2026

J'espère que lorsque vous lirez cet article l'IA se sera améliorée et - qui sait - référencé mon article.

Un peu de contexte

En 2026, le recours au CESU préfinancé revient à bénéficier d'une enveloppe de 2 591 € (par personne) pour financer des prestations de services à la personne : 2 591 € net d'impôt qu'il est en général possible de reporter d'un millésime (année) sur l'autre sans difficulté lorsqu'on opte pour le format numérique.

Pour disposer de cette même enveloppe nette d'impôts (je suis parti sur une TMI à 30% ici), un dirigeant aurait à sortir de sa société l'équivalent de :

  • 5 146 € pour un gérant d'EURL
  • 6 460 € pour un président de SASU

Conforté par la réponse de Google et/ou IA, la conclusion paraît évidente, non ? Ruez-vous sur ce levier d'optimisation ! A moins que ?

TL;DR : je veux les conclusions

Comparons ce qui est comparable

Cette première comparaison est pourtant saine avec son focus sur la dépense faite pour l'entreprise dans les deux cas de figure pour aboutir à une enveloppe financière nette d'impôt dans les mains du dirigeant.

Cependant, il est nécessaire de tenir compte de quelques éléments qui, mis bout à bout, re-dessineront les conclusions :

  • Le coût de CESU n'est pas nul pour l'entreprise, par exemple chez DomiServe il faut compter 3,9% de frais, faisant passer de 2 591 € par personne à 2 692 € par personne
  • La TMI n'est pas la même pour tous, entre 0%, 11%, 30%, 41% et 45% c'est un impact très différent sur la comparaison
  • Vous avez certainement entendu parler du crédit d'impôt pour les services à la personne ?
    50% du montant dédié (dans la limite d'un plafond légal) à la rémunération de services à la personne vous est rétrocédé sur votre imposition (en déduction de l'impôt, ou en remboursement si l'impôt est inférieur).
    Point central de l'étude : ce crédit d'impôt ne s'applique par pour les services à la personne réglés en CESU préfinancé : hors CESU, pour financer 2 591 € de services à la personne il faut un budget de 1 296 €, le complément étant apporté par l'Etat (Cesu+ pour les plus modernes).
  • Il existe un dispositif nommé CIF (Crédit d'impôt famille) s'appliquant pour les entreprises distribuant des CESU : dans la limite d'un plafond par personne, l'entreprise peut déduire 25% des montants engagés de son IS.
    Principale règle d'éligibilité, et non des moindres : l'entreprise doit avoir à minima 1 salarié.
  • Si on veut être précis, il convient également d'intégrer aux calculs l'économie d'IS que la dépense réalisée par l'entreprise va occasionner (entre CESU préfinancé d'une part, rémunération chargée d'autre part). Je ne le fais pas ici car cela ne change pas le côté duquel penche la balance, juste l'écart.

Définitions et rappels sur les hypothèses utilisées

  • L’IR (Impôt sur les Revenus) est par palier, une TMI (tranche marginale d’imposition) est la dernière tranche atteinte pour le foyer fiscal étudié.
    Ce n’est pas le facteur multiplicatif appliqué sur la totalité des revenus, le calcul de l'impôt se fait tranche après tranche (la première allant jusqu'à 11 600 € en 2026 n’est pas taxée) et chaque portion est multipliée par le taux définie pour la tranche concernée.
  • L'hypothèse par défaut retenue pour les simulations est une TMI à 30% appliquée après une déduction de 10% des traitements et salaires. Selon le résultat obtenu, les autres TMI pourront être étudiées ou non.
  • Le coût de rémunération pour l'entreprise y vaut 1,82 x en SASU où x est la rémunération nette de cotisations salariales / patronales.
  • Le coût de rémunération du dirigeant pour l'entreprise y vaut 1,45 x en EURL où x est la rémunération nette de cotisations salariales / patronales.

Cas SASU sans salarié

Pour obtenir 1 296 € en rémunération nette d'impôts, l'entreprise va devoir débourser 3 231 € (0,82% de cotisations sociales, 30% d'imposition après 10% de déduction forfaitaire).

3 231 € à débourser sous forme de rémunération versus 2 692 € pour l'achat de CESU préfinancé : nous sommes sur un cas de figure favorable pour lequel le recours au CESU préfinancé peut s'avérer pertinent.

Remarque avec d'autres TMI que 30% :

  • si TMI à 11%, on tombe à 2 618 €
  • si TMI à 41%, on monte à 3 738 €
  • si TMI à 45%, on monte à 3 964 €

Conclusion intermédiaire : l’option CESU préfinancé (coût de 2 692 €) s’avère pertinente dès que le président de SASU paie de l'impôt sur les revenus (cf. coût alternatif quasi équivalent avec une TMI à 11%).

Nous nous sommes focalisé sur la rémunération, mais le président associé de SASU a un second levier pour sortir de l'argent de son entreprise : les dividendes.

Rappel de la fiscalité avantageuse du PFU (flat tax)

Imaginons les 2692 € d'allocation et appliquons lui successivement l'IS (à 15%) et la flat tax (à 31,4%) : il reste 1 511 € dans les mains du dirigeant, à comparer aux 1 296 € requis pour financer l'équivalent de 2 591 € de services à la personne.

Conclusion : sortir l'équivalent (1 296 €) par les dividendes est bien plus pertinent que d'acheter des CESU préfinancé

Cas indépendant en portage salarial

Sous réserve que la société de portage mette en place ce mode de distribution comme une option / prestation que chaque porté peut sélectionner ou non, il est intéressant d'évaluer le potentiel.

Je vais faire les hypothèses suivantes :

  • l'entreprise de portage n'applique pas de coût supplémentaire ou autres frais pour ce service (si c'est le cas, demandez lui de vous reverser votre contribution au CIF ...).
  • l'entreprise de portage applique une commission de 5% sur le CA du porté (sans importance pour la comparaison)
  • le porté touche au moins 3 SMIC

C'est donc l'équivalent de 2 834 € de CA qui est requis pour produire les 2 692 € (CESU + frais chez DomiServe).

Partant de ce même CA, retranchant la commission de 5%, et appliquant 53,8% pour obtenir la rémunération nette, on aboutit à :

  • sans imposition : 1 448 €
  • après une TMI à 11% : 1 289 €
  • après une TMI à 30% : 1 014 €

Conclusion intermédiaire : l’option CESU préfinancé (coût de 2 692 €) s’avère pertinente dès que le porté paie de l'impôt sur les revenus (cf. coût alternatif quasi équivalent avec une TMI à 11%).

Remarque : en mobilisant le CESU préfinancé, le porté aura gratifié la société de portage d'une portion de 673 € de Crédit Impôt Famille (de quoi s'attendre à une contrepartie ...)

L'une des hypothèses portait sur la rémunération annuelle (> 3 SMIC) car elle me garantit une cohérence des montants des cotisations patronales. Je vais donc prendre l'exemple opposé avec une rémunération annuelle équivalente au SMIC pour laquelle la réduction Fillon se matérialise par une baisse à 12% des cotisations patronales (versus 42% de la rémunération brute en nominal).

Ce sont donc 69,6% et non 53,8% qu'il faut appliquer pour faire la comparaison dans un cadre de bas salaire :

  • sans imposition : 1 874 €
  • après une TMI à 11% : 1 668 €
  • après une TMI à 30% : 1 311 €
  • après une TMI à 41% : 1 105 €

Conclusion intermédiaire : l’option CESU préfinancé (coût de 2 692 €) n'est pertinente qu'en cas de forte imposition si la rémunération du porté rentre dans la réduction de cotisations pour les bas salaires.

Conclusion : l'intérêt pour le CESU préfinancé dépend complètement du niveau de rémunération (et charges patronales applicables). Les conclusions pour les cas > 3 SMIC et = 1 SMIC ont été partagées, reste à faire l'exercice avec des chiffres personnels si votre rémunération se situe dans l'intervalle.

Cas EURL sans salarié

Compte-tenu du Crédit d'Impôt pour les services à la personnes mentionné précédemment, ce ne sont finalement que 1 296 € qui sont nécessaire pour s'offrir les mêmes prestations qu'avec 2 591 € de CESU préfinancé.

Pour obtenir 1 296 € en rémunération nette d'impôts, l'entreprise va devoir débourser 2 574 € (0,45% de cotisations sociales, 30% d'imposition après 10% de déduction forfaitaire).

2 574 € à débourser sous forme de rémunération versus 2 692 € pour l'achat de CESU préfinancé : nous sommes sur un cas de figure défavorable pour lequel le recours au CESU préfinancé est loin d'apporter une optimisation.

Remarque avec d'autres TMI que 30% :

  • si TMI à 11%, on tombe à 2 086 €
  • si TMI à 41%, on monte à 2 978 €
  • si TMI à 45%, on monte à 3 158 €
Gros avantage à l'option rémunération

Conclusion : l’option CESU préfinancé (coût de 2 692 €) s’avère pertinente dès que le gérant d'EURL est imposé à une TMI de 41%. Avoir une TMI élevée n'étant pas du tout un objectif, si vous êtes dans ce cas de figure il y a peut-être d'autres axes d'optimisation à étudier que le simple financement de CESU.

La stratégie par les dividendes mentionnée pour la SASU n'est pas étudiée ici dans la mesure où les dividendes en EURL appellent cotisations sociales pour l'associé personne physique. Seule la portion correspondant à 10% du capital social y échappe, il faudrait disposer d'un capital social d'au moins 22 000 € pour aboutir à des conclusions identiques à celles précédemment partagées.

Et le crédit d’impôt famille pour la société ?

Le lecteur attentif aura remarqué que je n'ai pas appliqué le Crédit d'Impôt Famille (CIF) sur les 2 cas précédents, et pour cause : ce crédit n'est applicable qu'à condition d'avoir au minimum 1 salarié.e.

Les statuts de gérant et président ne rentrent pas dans les critères du salariat, bien que pour ce dernier on emploie le terme assimilé-salarié.

Pour disposer de ce crédit d’impôt il faut donc un (vrai) salarié dans l’entreprise, auquel cas il faut évidemment aussi lui faire bénéficier de l’enveloppe CESU préfinancé, ce qui peut représenter un coût substanciel. Ne lui distribuer qu'une petite portion de CESU (comparativement au gérant / président) peut remettre en question le dispositif, à minima exclure du calcul la portion attribuée au dirigeant.

Le coût supplémentaire de versement de CESU préfinancé est-il inférieur pour l’entreprise à la contrepartie dont elle va bénéficier grâce au CIF ? C'est à cette question que nous allons répondre sur 3 scénarios :

  • avec un salarié temps plein
  • avec un conjoint collaborateur
  • avec un conjoint salarié à temps partiel

Je met temporairement de côté pour la SASU la sortie alternative en dividendes puisque l'objectif est d'évaluer l'impact positif / négatif du CIF et de la contrepartie consistant à financer du CESU pour un salarié.

Rappel : nous l’avons vu, pour le Dirigeant seul l'entreprise peut acheter des CESU préfinancé pour 2 692 € frais compris ou verser en rémunération la valeur équivalente au CESU préfinancé (50% du montant) ce qui correspond (dans le cas d'une TMI à 30%) à une charge de 2 574 € en EURL et de 3 369 € en SASU.

Avec un salarié temps plein

Le budget pour 2 lots de CESU préfinancé s'élèverait à 5 384 €, et la valeur du Crédit d'Impôt Famille de 1 346 € (25% de la charge en CESU).

Je fais l'hypothèse pour le salarié que les 2 591 € octroyés sous forme de CESU préfinancé viennent en compensation / contrepartie d'une baisse de rémunération équivalente : l'économie mesurée correspond à la valeur chargée soit 1,82 * 2 591 = 4 716 €.

En tenant compte du dirigeant et de son salarié, on arrive aux chiffres suivants :

  • 4 038 € d'effort de financement (CESU - CIF)
  • 4 716 € d'économie de charge pour le salarié

La balance est déjà favorable de 678 € prise sous cet angle.

Avantage net pour les CESU ... avant affinage des hypothèses et paramètres

Sous ces hypothèses, le CESU préfinancé est un choix gagnant systématiquement.

A noter qu'en matière d'hypothèses :

  • je n'ai pas tenu compte de la TMI du salarié pour rester à rémunération nette d'impôt équivalente : impactant l'économie à la hausse (ex. 6 462 € avec une TMI à 30%).
  • je n'ai pas appliqué les 50% sur le montant de CESU pour le salarié, ce qui peut être défendu du point de vue du pouvoir d'achat (cf. consommation en direct des services à la personne) : la rémunération du salarié serait alors uniquement abaissée de 1 296 € impactant l'économie à la baisse

Combinant ces deux approximations, on aboutit à une économie de charges

  • pour une TMI à 0%, de 2 359 €
  • pour une TMI à 11%, de 2 618 €
  • pour une TMI à 30%, de 3 231 €

L'économie de charge à dépasser pour valider l'option CESU préfinancé est ici de 4 038 €, il nous faut donc évaluer l'économie de charge pour le dirigeant sur une rémunération de 1 296 € chargée et imposée, ce que nous avons déjà calculé précédemment.

Rappels pour un gérant d'EURL :

  • si TMI à 11% : 2 086 €
  • si TMI à 30% : 2 574 €
  • si TMI à 41% : 2 978 €
  • si TMI à 45% : 3 158 €

Rappels pour un président de SASU :

  • si TMI à 11% : 2 618 €
  • si TMI à 30% : 3 231 €
  • si TMI à 41% : 3 738 €
  • si TMI à 45% : 3 964 €
Les CESU maintiennent le cap ... avant prise en compte des taux de cotisation pour les bas salaires

Conclusion intermédiaire : sous ces hypothèses complémentaires, le CESU préfinancé est un choix gagnant dans tous les cas de figure (même avec un salarié non imposé).

Néanmoins, il y a une dernière simplification dans l'évaluation du coût en charges sociales (patronales + salariales). J'ai appliqué un facteur de 82% de la rémunération souhaitée pour le salarié alors que cela peut grandement varier selon les situations : par exemple avec la réduction Fillon les cotisations patronales diminuent fortement (ex. pour un SMIC de 42% à 5%).

En prenant cet extrême on passe de 82% à 35% d’effort de cotisation pour verser une rémunération nette d'impôts équivalente à 50% de CESU préfinancé, aboutissant à une économie de charges plus faible :

  • pour une TMI à 0%, de 1 750 €
  • pour une TMI à 11%, de 1 942 €
  • pour une TMI à 30%, de 2 397 €

Sous cette dernière version des hypothèses, le CESU préfinancé est un choix gagnant sous réserve que

  • le salarié ne soit pas imposé et que le dirigeant soit à une TMI de 11% en SASU / de 30% en EURL
  • le salarié est imposé et que le dirigeant soit un minimum imposé

Et les dividendes ? Pour évaluer l'option dividendes, il faut revenir en arrière sur l'avantage salarial précédemment transféré en CESU : les 4716 € de charges sont à provisionner en face des 4 038 € (5 384 - 1346) pour l'option CESU. La différence étant déjà favorable à l'option CESU, une sortie en dividende ne serait pas avantageuse dans ce cas de figure où les CESU viennent compenser une baisse de rémunération.

Conclusion : les données réelles en échos aux hypothèses / paramètres sont cruciales et elles peuvent tout changer. On peut passer d'une logique où tous les feux sont au vert à une logique où seule la SASU reste gagnante. L'hypothèse de remplacement de la rémunération par du CESU préfinancé est fondamentale car sans cela le seul CIF ne permet pas de sortir gagnant.

Avec un conjoint collaborateur

La notion de conjoint collaborateur ne peut s’appliquer que dans des structures où le dirigeant est TNS, exit donc la SASU ici.

Le conjoint collaborateur n’a pas le droit de recevoir de rémunération, et l’interdiction porte malheureusement aussi sur l’attribution de CESU préfinancé.

Pas de rémunération, pas de statut salarié, pas de distribution possible de CESU

Le conjoint collaborateur n'étant pas salarié, exit donc la logique d’optimisation puisque la société ne sera éligible au CIF que si il existe un salarié.

Conjoint salarié à temps partiel

La notion de conjoint salarié implique une rémunération au minimum du SMIC horaire et un volume d'activité hebdomadaire de 24 heures (sauf spécificité de branches).

Dans cette simulation, je vais partir sur un contrat de 24h, des cotisations pour les bas salaires (35%) en cohérence avec une rémunération au SMIC horaire. Enfin, je vais considérer une TMI à 30% pour le couple dirigeant / conjoint salarié.

Le volume de CESU préfinancé n'ayant pas obligation de suivre une logique stricte (ex. prorata), le dirigeant a donc à sa main le choix du montant alloué (attention, ce montant doit rester homogène à travers tous les salariés). Je pars donc sur un versement (maximal) de 2 591 € pour le conjoint salarié.

Le coût de financement en CESU s'élève donc à 5 384 € et le CIF est à 1 346 €, ramenant le coût réel pour l’entreprise à 4 038 €.

Pour obtenir les rémunérations de 1 296 € net d’impôts sur le revenu (50% de l'allocation en CESU préfinancé) à la fois pour le dirigeant et son conjoint salarié, il faut que l’entreprise débourse :

  • 2 574 € dont 799 € de charges pour le dirigeant EURL
  • 3 231 € dont 1 380 € de charges pour le dirigeant SASU
  • 2 397 € pour le conjoint salarié

soit un coût comparatif de :

  • 4 971 € en EURL
  • 5 628 € en SASU

Il en ressort que c'est déjà gagnant peu importe la structure EURL / SASU dès lors que le foyer est imposé à 30%.

Un calcul pour une TMI à 11% amènerait un coût comparatif de :

  • 4 028 € en EURL
  • 4 560 € en SASU

Là encore, on constate qu’avec une TMI à 11% l’option CESU préfinancé est équivalente (EURL) / favorable (SASU) au couple par rapport à la rémunération (dont cotisations, dont imposition) équivalente de 50% de la valeur des CESU (cf. crédit d’impôt de 50% pour le recours aux services à la personne).

Conclusion intermédiaire : sur cette configuration, dès lors qu’on est imposé, d’autant plus si on flirte avec la tranche à 30%, le financement de CESU par l’entreprise peut s’avérer pertinent.

Le retour des dividendes : l'étude (en SASU) des dividendes est intéressante dans ce cas de figure puisque la simulation porte sur un couple dirigeant / conjoint collaborateur, on va évaluer combien il faut de résultat pour financer 2 592 € de dividendes (équivalent aux 5 182 € de CESU préfinancé) versés au président associé de la SASU. On suppose donc qu'on a ce montant en résultat avant IS, puis on appliquera l'IS (15%) et la flat tax (31,4%), ce qui aboutit à 4 445 € de résultats, soit un montant inférieur à l'effort estimé en SASU pour un foyer avec une TMI à 11% (4 560 €).

Conclusion : sortir l'équivalent par les dividendes est bien plus pertinent que d'acheter des CESU préfinancé en SASU. Dans le cas de l'EURL la configuration CIF + conjoint salarié peut apporter un gain à partir d'une TMI de 30%.

Conclusions

Comme vous l’aurez constaté, plusieurs paramètres entrent en ligne de compte et il n’est pas si évident de conseiller l’usage de CESU préfinancé sans en faire une étude plus aboutie. Ici j’ai pris tout ce que j’ai trouvé pertinent d’intégrer mais cela ne peut amener une conclusion universelle.

L’un des éléments “personnels” pour un dirigeant est par exemple sa stratégie retraite : lorsque les coûts sont équivalents, n’oublions pas que les cotisations sociales sont censées contribuer à la constitution de la future (espérée) retraite. Difficile à quantifier en €, la stratégie va dépendre du décompte des 25 meilleures années (pour celles et ceux qui relèvent de ce système). Le choix de recourir au CESU préfinancé (et l’analyse de son intérêt économique) vient donc potentiellement une fois l’objectif annuel spécifique aux cotisations retraite atteint.

Certes, je vais conclure de façon synthétique avec les cas de figure où ce levier est financièrement intéressant, mais il faudra garder à l’esprit que toutes les simulations de cet article sont faites avec les chiffres et dispositifs en vigueur en 2026 :

  • En MicroEntreprise : vous n'êtes pas éligible
  • En portage salarial, cela va dépendre de vos revenus :
    • à partir d’une TMI de 11% si vous ne rentrez pas dans les bas salaires (> 3 SMIC)
    • à partir d’une TMI de 41% si vous êtes au plancher des bas salaires (1 SMIC)
    • à étudier au cas par cas entre 1 et 3 SMIC
  • SASU (IS) seul.e ou avec un conjoint salarié : privilégier une sortie en dividendes
  • EURL (IS) seul.e à partir d’une TMI de 41%
  • EI (IS) à partir d'une TMI de 41%
  • EURL (IS) avec un conjoint salarié à partir d’une TMI de 30% si le salarié rentre dans la catégorie des bas salaires (1 SMIC)
  • Avec un.e salarié.e temps plein
    • en EURL / SASU (IS) à partir d’une TMI de 11% si le salarié ne rentre pas dans les bas salaires (> 3 SMIC)
    • en EURL / SASU (IS) si le salarié rentre dans les bas salaires (1 SMIC), fonction des TMI des différents acteurs
    • à étudier au cas par cas pour un salarié entre 1 et 3 SMIC

Toutes ces conclusions seraient à revoir si le Crédit d’Impôt de 50% pour l'usage de services à la personnes disparaissait ou s'avérait raboté (cf. proposition non retenue dans la loi de finances 2026) : le CESU préfinancé pourrait (à hypothèses constantes) devenir un must have !

A ce sujet, méfiez-vous des acteurs qui suggèrent ou affirment que les CESU préfinancés sont éligibles au Crédit d'Impôt de 50% pour le recours aux services à la personne : j'ai vu ce genre de mention sur des articles d'illustration de sociétés de portage, et c'est totalement faux.

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